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Le président du Niger s'est exprimé sur l'"attaque terroriste"


Mahamadou Issoufou, president du Niger
Mahamadou Issoufou, president du Niger

Le Niger a été frappé par une attaque "terroriste" ayant fait un "nombre important de victimes", a déclaré le président nigérien Mahamadou Issoufou en faisant référence à l'embuscade dans lequel sont tombés mercredi des soldats américains et nigériens dans le sud-ouest du Niger.

"Notre pays vient une fois de plus de faire l'objet d'une attaque de groupes terroristes, attaque qui s'est soldée malheureusement par un nombre important de victimes", a-t-il déclaré à l'ouverture du Forum des Premières dames de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) à Niamey.

"Les femmes et les enfants paient un lourd tribu au terrorisme de manière directe comme (...) victimes innocentes et de manière indirecte en tant que mères et épouses; elles viennent une fois de plus de perdre des fils et des maris", a-t-il ajouté. Le président a fait observer "une minute de silence à la mémoire de nos soldats tombés sur le champ d'honneur" et "à la mémoire de toutes les victimes du terrorisme".

Le président du Niger s'exprime sur "l'attaque terroriste" (video)
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Le président nigérien n'a pas évoqué la mort de soldats américains dans ses déclarations.

La veille, mercredi, au moins cinq soldats nigériens et trois soldats américains ont été tués dans une embuscade tendue par des assaillants inconnus au Niger à proximité de la frontière avec le Mali.

Réaction de l'Africom

Cinq membres des forces spéciales américaines (Bérets verts) ont été attaqués lors d'une patrouille de routine dans une zone notoirement fréquentée par Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le groupe Etat islamique, a confirmé l'AFRICOM, le commandement américain pour l'Afrique.

Deux autres soldats américains ont été blessés au cours de cette opération et ont été transportés en Allemagne dans l'hôpital militaire américain de Landstuhl où ils se trouvent dans un "état stable". La nationalité du 4e militaire tué dans l'opération n'a pas été précisée par Africom.

L'attaque s'est produite à quelque 200 kilomètres au nord de Niamey, dans le sud-ouest du Niger, a précisé le commandement américain dans un communiqué, soit près de la frontière avec le Mali, où des groupes jihadistes opèrent.

Les militaires tués n'ont pas été identifiés mais des informations de presse avancent qu'il s'agit de "bérets verts", des membres des forces spéciales de l'armée américaine envoyés au Niger pour former l'armée locale.

"Les forces américaines sont au Niger pour entraîner et aider à la sécurité des forces armées nigériennes, dans leurs efforts pour lutter contre les groupes extrémistes violents dans la région", a précisé Africom dans son communiqué.

Réaction française

Le lourd bilan témoigne de la violence de l'accrochage. L'opération était toujours en cours jeudi dans la journée, selon le porte-parole de l'état-major français, le colonel Patrick Steiger, sans plus de précisions.

Il a aussi indiqué que lors de l'embuscade, une patrouille de Mirage 2000 français a permis de faire une démonstration de force mais n'a pas pu apporter d'appui direct au sol --tir ou bombardement-- en raison de "l'imbrication (de forces) au sol".

L'armée française a aussi mobilisé deux modules d'évacuation médicale composés d'hélicoptères qui ont permis d'extraire des blessés en direction de Niamey.

A Niamey, le président nigérien Mahamadou Issoufou a affirmé que le Niger a été frappé par une attaque "terroriste" ayant fait un "nombre important de victimes".

Le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a affirmé devant le Conseil de sécurité à New York, que cette attaque soulignait l'urgente nécessité de mettre à pied d'oeuvre la nouvelle force internationale de lutte contre les jihadistes du Sahel, le G5 Sahel (Tchad, Niger, Mali, Burkina Faso et Mauritanie).

Base américaine

Les Américains sont très présents au Niger, notamment sur l'aéroport d'Agadez (nord) avec une base gérant des drones qui surveillent la zone sahélienne. Les militaires opérant sur cette base ne sortent toutefois qu'extrêmement rarement de cette position.

En plus de cette base, des forces spéciales américaines et des instructeurs sont présents dans le pays depuis les années 2000 pour former les militaires nigériens. Ces soldats effectuent des missions dans tout le pays et un journaliste de l'AFP a déjà rencontré des soldats américains à Niamey, mais aussi à Diffa (sud-est), une zone où sévit le groupe islamiste nigérian Boko Haram.

En octobre 2015, le Niger et les Etats-Unis avaient notamment signé un accord militaire sur "la sécurité et la bonne gouvernance" qui prévoit que les deux pays s'engagent "à travailler ensemble sur la lutte contre le terrorisme". L'armée américaine doit aussi "former les militaires nigériens dans la lutte contre le terrorisme", selon cet accord.

"Il y a ponctuellement des missions de renseignement et de formation de soldats américains ou français un peu partout dans le pays", souligne une source militaire occidentale.

Mi-septembre, Niamey a prolongé l'état d'urgence en vigueur depuis mars dans la zone "devant la persistance de la menace" des "groupes terroristes", notamment venus du nord du Mali voisin. Mi-juin, l'armée nigérienne a monté une nouvelle opération militaire à partir de la région de Tillabéri pour mieux combattre les jihadistes.

Outre les Américains, la France, ancienne puissance coloniale et partenaire privilégié du Niger, compte une base sur l'aéroport de Niamey à partir duquel opèrent des avions de chasse Rafale et des drones. Dans le cadre de l'opération Barkhane, les forces spéciales françaises disposent aussi d'une base à Madama, dans le nord nigérien.

L'Allemagne a aussi commencé la construction d'une base aérienne logistique d'appui à la mission onusienne au Mali (Minusma).

Avec AFP

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