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Un an de prison avec sursis pour un dirigeant de l'opposition Centrafricain


 Crepin Mboli-Goumba (Centre) arrivent à Bangui le 15 janvier 2013. AFP PHOTO / PATRICK FORT (Photo by PATRICK FORT / AFP)
Crepin Mboli-Goumba (Centre) arrivent à Bangui le 15 janvier 2013. AFP PHOTO / PATRICK FORT (Photo by PATRICK FORT / AFP)

Une figure de l'opposition en Centrafrique, Crépin Mboli Goumba, a été condamnée mercredi à un an de prison avec sursis pour diffamation et outrage à magistrats, dans un pays où toute voix dissonante est réprimée par le pouvoir du président Faustin Archange Touadéra.

Cet avocat, coordinateur de la principale plateforme de l'opposition, le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), avait publiquement accusé certains magistrats de complaisance à l'égard de prévenus voire d'être corrompus, et reproché à "la justice de ne plus être rendue au nom du peuple".

Il avait été arrêté le 3 mars et gardé à vue trois jours. Le tribunal d'instance de Bangui l'a condamné mercredi à un an de prison avec sursis et 80 millions de francs CFA (près de 122.000 euros) de dommages répartis entre quatre juges qu'il était accusé d'avoir "diffamés" et "outragés", selon une journaliste de l'AFP présente à l'audience.

M. Mboli Goumba a quitté le tribunal libre et ses avocats, qui dénoncent un "procès politique", ont indiqué qu'ils faisaient appel. L'opposition, dont les meetings et manifestations sont quasi-systématiquement interdits, fait régulièrement l'objet de menaces et d'intimidations en Centrafrique, dénoncent régulièrement les ONG internationales.

Un député d'opposition, Dominique Yandocka, est emprisonné depuis le 15 décembre, malgré son immunité parlementaire, pour une "tentative de coup d’État" que l'accusation n'a toujours pas étayée publiquement.

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Le régime de M. Touadéra "réprime la société civile, les médias et les partis politiques d'opposition", écrivait Human Rights Watch (HRW) en avril 2023, invoquant "de graves préoccupations sur des risques en termes de violations des droits humains et de réduction de l'espace démocratique et de la liberté d'expression".

L'ONG exhortait aussi le pouvoir de M. Touadéra à "garantir l'indépendance de la justice pour s'assurer que les responsables qui attaquent les détracteurs du gouvernement soient amenés à rendre des comptes". M. Touadéra a fait modifier la Constitution en juillet 2023 par un référendum boycotté par l'opposition, pour s'autoriser à briguer un troisième mandat en 2025.

Elu en 2016 en pleine guerre civile, il avait été réélu en 2020 dans des conditions contestées par l'opposition et dans un pays dont une grande majorité du territoire était contrôlée par des rebelles, que son armée a ensuite repoussés grâce à l'aide de Moscou et l'intervention massive de mercenaires russes de Wagner.

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