jeudi, octobre 23, 2014 Heure locale: 03:00

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Washington fustige le discours de Bachar Al-Assad

Bachar al-Assad n'envisage pas de démissionnerBachar al-Assad n'envisage pas de démissionner
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Bachar al-Assad n'envisage pas de démissionner
Bachar al-Assad n'envisage pas de démissionner
Washington a fustigé l'offre du président syrien d'organiser un dialogue avec l'opposition.

Pour le département d'Etat américain, l'offre faite par le président syrien  Bachar al-Assad dimanche d'organiser une conférence de réconciliation nationale est ''détachée de la réalité'' et semble être une tentative pour ''s'accrocher au pouvoir''. La porte-parole Victoria Nuland a appelé M. al-Assad à démissionner.

Dans son premier discours en plus de six mois, le président syrien s’est dit prêt à engager un dialogue avec l’opposition, un appel rejeté par plusieurs factions.

S’exprimant à l’Opéra de Damas, devant une foule de partisans, M. al-Assad a posé ses conditions. Notamment, il faut que l'opposition observe d’abord un cessez-le-feu, a-t-il dit. 

Les partisans du président syrien ont accueilli son premier discours à la nation depuis plus de six mois par une longue ovation. M. al-Assad a offert sa vision d'un dialogue et sa proposition pour une solution possible à ce conflit qui dure depuis près de deux ans. Dans son optique, il incombe à l'opposition d'arrêter les opérations armées d'abord. Quant aux puissances étrangères, elles devraient aussi cesser leur soutien aux forces antigouvernementales. Le financement et l'armement des combattants rebelles doivent cesser en premier, avec l'arrêt de ce qu'il a qualifié d'opérations terroristes par ces combattants, ce qui permettrait aux réfugiés de rentrer chez eux en paix, a ajouté M. al-Assad. A ce moment seulement, les forces gouvernementales cesseront leurs activités, tout en gardant le droit de riposter, a-t-il poursuivi.

Les précédentes tentatives de cessez-le-feu ont échoué sur l'insistance de l'opposition que les deux parties arrêtent les opérations militaires en même temps. Les observateurs des Nations Unies (ONU) se sont retirés du pays au printemps dernier, les violences se poursuivant sans relâche, tandis qu'un bref cessez-le-feu après le mois du Ramadan s'est rapidement effondré.

A noter que M. Assad  refuse de démissionner et veut que son gouvernement reste en place pendant le début d’un dialogue national. « Le gouvernement actuel va commencer des discussions intenses avec tous les secteurs de la société syrienne dans le but de tenir une conférence nationale avec la participation de toutes les parties intéressées, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la Syrie » a fait valoir M. al Assad.

Lors des tentatives précédentes en vue d’un dialogue national sous l'égide de la Ligue arabe, M. Assad avait tenté d'ignorer ou d'exclure différentes composantes de l'opposition en dehors de la Syrie. Cette fois, il a inclus des éléments de l'opposition tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays. Le président syrien a néanmoins continué de se référer à l'opposition armée comme des « terroristes » et a prétendu qu'il n'y avait pas de véritable « révolution » dans son pays.

La révolution doit avoir un chef et un fondement intellectuel, a-t-il fait valoir. Dans le cas actuel, il n'y a ni l’un, ni l’autre, parce que les partisans du mouvement sont « une clique de criminels » qui tentent de nuire au peuple.

M. Assad a également accusé l'Occident de fomenter le conflit en Syrie dans le but d'affaiblir son pays et d’y attirer des éléments du réseau Al-Qaïda, pour se débarrasser d'eux ailleurs. Il a ensuite remercié la Russie et la Chine d’avoir soutenu son gouvernement.

Deux dirigeants de l'opposition syrienne, Walid Bounni et Samir al-Taqi, ont rejeté le discours du président syrien, insistant sur le fait qu'il ne contenait « rien de nouveau ». Un analyste arabe a déclaré à la chaîne de télévision Al Arabiya que M. Assad « vit dans un monde de rêve », puisque les rebelles sont pour ainsi dire, « aux portes de son palais ».
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