vendredi, août 01, 2014 Heure locale: 07:47

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Un chef de l'opposition abattu en Tunisie

Chokri Belaïd en décembre 2010, a payé de sa vie son combat en faveur des droits humainsChokri Belaïd en décembre 2010, a payé de sa vie son combat en faveur des droits humains
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Chokri Belaïd en décembre 2010, a payé de sa vie son combat en faveur des droits humains
Chokri Belaïd en décembre 2010, a payé de sa vie son combat en faveur des droits humains
Des milliers de personnes sont descendues dans les rues en Tunisie ce mercredi pour protester contre la mort d'un des principaux dirigeants laïques de l'opposition, alors que l’on redoute que les extrémistes fassent dérailler la transition démocratique du pays.

Selon les média, les manifestants ont bloqué la grande Avenue Habib Bourguiba à Tunis, au centre-ville, en criant « honte, honte », dénonçant l'assassinat de Chokri Belaïd. 
Des Tunisiens manifestant après l'assassinat de Chokri BelaïdDes Tunisiens manifestant après l'assassinat de Chokri Belaïd
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Des Tunisiens manifestant après l'assassinat de Chokri Belaïd
Des Tunisiens manifestant après l'assassinat de Chokri Belaïd

D'autres manifestations se sont déroulées dans d’autres villes du Tunisie, évoquant la révolution pacifique survenue dans le pays il y a deux ans.

M. Belaïd, qui comptait parmi les dirigeants du Front Populaire d'opposition, était un avocat et militant en faveur des droits humains, né en 1964. Il a été abattu devant son domicile à Tunis, avant de décéder de ses blessures à l’hôpital. Son assassinat a provoqué un choc et suscité une vive indignation. On redoute par ailleurs que les extrémistes religieux tentent de confisquer le processus démocratique du pays.

S'exprimant devant le Parlement européen à Strasbourg, en France, le Président tunisien Moncef Marzouki a déclaré que son pays a beaucoup d'ennemis qui souhaitent l’échec de la révolution. Il a fustigé « l'assassinat odieux » de M. Belaïd, qu'il a décrit comme un vieil ami. Selon lui, la Tunisie rejette le message envoyé par  les ennemis de la révolution ».

Divers politiciens ont également dénoncé la mort de M. Belaïd, y compris le Parti islamiste Ennahda. Son chef de file, Rached Ghannouchi, a condamné l'assassinat, disant que les tueurs voulaient un « bain de sang » en Tunisie.


Mais certains critiques, y compris des membres de la famille  de M. Belaïd,  ont ouvertement accusé Ennahda d'être responsable de sa mort. Le défunt avait lui-même vivement critiqué Ennahda, pour n’avoir pas tenté de maitriser les éléments  extrémistes  au sein du parti, et pour avoir menacé l'opposition.

Ces accusations ont été reprises mercredi par l'un des amis de M. Belaïd, sur les ondes de Radio France International (RFI).

Moctar Jelali a affirmé que cet assassinat entrait dans le cadre d'un vaste complot ourdi par les radicaux pour semer la panique, et il a accusé le gouvernement d'inertie.

Jusqu’à présent, la Tunisie a réussi à éviter les effusions de sang qui ont caractérisé les révoltes en Libye ou encore en Syrie. Mais le pays est aux prises à violences croissantes. Les affrontements politiques se multiplient et le chômage reste élevé.