mercredi, octobre 01, 2014 Heure locale: 14:13

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Reprise du dialogue entre les deux Soudans

Omar el-Béchir discutait avec son homologue du Soudan du Sud de plusieurs points de litige entre leurs paysOmar el-Béchir discutait avec son homologue du Soudan du Sud de plusieurs points de litige entre leurs pays
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Omar el-Béchir discutait avec son homologue du Soudan du Sud de plusieurs points de litige entre leurs pays
Omar el-Béchir discutait avec son homologue du Soudan du Sud de plusieurs points de litige entre leurs pays
Le président soudanais et son homologue sud-soudanais ont pris l’engagement, à l’issue d’un sommet de deux jours à Addis Abeba, de fixer un calendrier pour relancer l'application d'accords essentiels, au point mort depuis trois mois.
A l’occasion de ce sommet, qui a pris fin samedi dans la capitale éthiopienne, Omar el-Béchir et Salva Kiir sont revenus sur tous les points de litige entre Khartoum et Juba, mais surtout sur le partage des ressources pétrolières.

Le médiateur de l'Union africaine (UA), l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki, a dit que les deux chefs d'État se sont attardés sur plusieurs points importants, tels que la région d'Abyié, la sécurité, la délimitation de la zone frontalière et la mise en œuvre des accords existants.

« Concernant Abyié, ils ont convenu que des mesures seront prises immédiatement par le Comité conjoint ad-hoc de surveillance pour constituer les différentes institutions sur lesquelles ils se sont mis d’accord, à savoir l'administration, le conseil d'Abyié, la mise en place d’une force de Police de la région d'Abyié. Ils ont également convenu que des mesures doivent être prises immédiatement, ou peut-être le plus tôt possible, afin de mettre en œuvre, inconditionnellement, tous les accords existants », a fait savoir M. Mbeki.

Le statut final d'Abyié sera décidé après la mise en place de tous ces éléments. Rappelons qu’Abyié est une zone grande comme le Liban, riche en pétrole et revendiquée par les deux pays. En mai 2011, l'armée soudanaise avait envahi cette région, contraignant quelques 100.000 habitants à fuir, avant de l'occuper pendant un an. A présent, Abyié est contrôlée par des casques bleus éthiopiens.

Le mécanisme politique et de sécurité conjoint (JPSM), établira un calendrier d'ici la mi-janvier pour indiquer quand les accords doivent être mis en œuvre. On ignore ce qui se passera si ces accords ne sont pas mis en vigueur suivant ce calendrier.

M. Mbeki a ajouté que le JPSM va également finaliser les modalités d'une zone frontalière démilitarisée et sécurisée. Un panel d'experts se penchera sur la question des zones contestées. « Les parties ont convenu il y a quelque temps que l'équipe d'experts émettrait un avis non contraignant pour les deux parties sur les cinq zones contestées » a dit M. Mbéki. « Alors, ce qui ressort de ce sommet, c’est que les deux parties sont d’accord qu’elles doivent travailler avec cette équipe d'experts. Dès qu'il y aura une entente, après cette rencontre avec l'équipe d'experts, les deux présidents se réuniront ensuite pour examiner la question de savoir comment traiter de la question des zones revendiquées » a-t-il jouté.

Quant à la question du partage du pétrole, le médiateur de l’UA a fait savoir que les accords pétroliers n’ont pas été discutés séparément.

« Ce que les présidents ont dit, c'est que tous les accords existants doivent être mis en œuvre sans aucune condition préalable. Donc, ce qui va être nécessaire, c'est que toutes les équipes qui s'occupent de ces choses diverses se réunissent pour les mettre en œuvre. Il n'y avait donc pas de discussion spécifique sur aucune d'entre elles, que ce soit le pétrole, le commerce ou autre chose, mais ils ont dit que tous les accords en vigueur doivent être appliqués sans délai et sans condition » a expliqué M. Mbeki.

Des accords ont été signés par MM. el-Béchir et Kiir en septembre 2012, mais n'ont toujours pas été mis en œuvre.

Avant les discussions d’Addis-Abeba, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Norvège avaient publié un communiqué conjoint demandant aux armées des deux pays de « se retirer immédiatement » de la zone frontalière. La reprise de la production de pétrole est « particulièrement importante pour les deux économies et ne devrait pas être retardée par les négociations portant sur d'autres questions », avaient-ils relevé.