mardi, juillet 22, 2014 Heure locale: 13:23

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Des "citoyens cartographes" aident Google à cartographier Abuja

Des volontaires nigérians dans le centre Google à Abuja, aident à cartographier la capitaleDes volontaires nigérians dans le centre Google à Abuja, aident à cartographier la capitale
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Des volontaires nigérians dans le centre Google à Abuja, aident à cartographier la capitale
Des volontaires nigérians dans le centre Google à Abuja, aident à cartographier la capitale
Plus d’une centaine de jeunes Nigérians font équipe avec Google pour ajouter restaurants, marchés, hôpitaux et autres lieux importants de la capitale nigériane à Google Maps, le service de cartographie du géant de l'Internet.

Ces jeunes font valoir qu’en aidant à cartographier Abuja, ils pourraient stimuler l'économie locale en attirant des touristes et des investisseurs.

Un correspondant de la VOA qui s’est rendu dans la salle du centre Google à Abuja, où l’on recense autant d’ordinateurs et de portables que de « citoyens cartographes ».  Les volontaires arborent des T-shirts verts et bleus sur lesquels on peut lire : « Cartographiez votre monde ». Le chef du projet, Oludotun Babayemi, explique comment les chercheurs procèdent.

Cette semaine, ils se sont déployés à travers Abuja armés de gadgets de haute technologie, prêts à enregistrer toutes les données accessibles et nécessaires. Ce qui, espère-t-on, encouragera davantage de gens à visiter la capitale nigériane.  
« La personne que j’évoque peut rapidement savoir : Tel est le nombre de centres de loisirs ou centres de la faune sauvage que vous avez dans votre pays. Donc, cela ouvre facilement notre pays au reste du monde » déclare M. Babayemi.

Cartographier plus en détails non seulement Abuja, mais éventuellement le reste du Nigéria, permettra également d’attirer des investisseurs qui autrement, ne sauraient même pas à quel point le pays change, poursuit-il.

Et enfin, il faut de mettre à la disposition des services d’urgence les moyens de réagir en cas de crise - qu’il s’agisse d’incendies ou de violences intercommunautaires. Les forces de sécurité pourront également mieux comprendre comment intervenir si elles peuvent suivre l’évolution de la situation sur Internet.

En fait, les cartes les plus précises sont probablement celles établies par les habitants mêmes des quartiers, ajoute M. Bayayemi.

« Une fois qu’on cerne le lieu où une personne est en situation d'urgence, on peut rapidement s’y rendre et sauver cette personne. Et comment y parvenez-vous? Cela signifie que vous avez obtenu cette information d'une certaine  personne sur le terrain », déclare M. Babayemi.

Parmi les volontaires : Adepoju Abiodun qui fait remarquer qu’en cartographiant mieux l’Afrique, on pourrait également aider les gouvernements et les ONGs à mieux déployer leurs ressources.

Néanmoins, ajoute-t-il, tout le monde ne souhaite pas coopérer au projet. Certains habitants redoutent que les nouvelles cartes servent à planifier la destruction de leurs quartiers ou encore sa réhabilitation et son embourgeoisement au profit de couches sociales plus aisées.

Certains éléments au sein de la police sont également plutôt méfiants.

« Parfois, nous avons des problèmes avec le gouvernement. Parfois, vous essayez d’établir une carte et ils demandent :  Pourquoi essayez-vous de prendre des photos ? Qu'est-ce que vous foutez ici à prendre des notes? Allez-vous commettre un attentat à la bombe? On s'habitue à ces questions, et quand je leur parle en tête à tête et que je leur explique, alors, ils comprennent » déclare M.  Abiodun.

Eventuellement, Google souhaite cartographier non seulement le Nigéria, mais également toute l’Afrique, et ce dans les quatre ou cinq années à venir.