lundi, septembre 22, 2014 Heure locale: 04:10

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Mali : l’armée française à Kidal, dernier bastion des islamistes

C'est la troisième et dernière grande ville du Nord du Mali aux mains des djihadistes.

Des miliciens d’Ansar Dine circulant à Kidal, dans le nord du Mali, 16 juin, 2012.Des miliciens d’Ansar Dine circulant à Kidal, dans le nord du Mali, 16 juin, 2012.
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Des miliciens d’Ansar Dine circulant à Kidal, dans le nord du Mali, 16 juin, 2012.
Des miliciens d’Ansar Dine circulant à Kidal, dans le nord du Mali, 16 juin, 2012.
La débâcle des groupes islamistes armés, qui avaient pris le contrôle du Nord-Mali, semblait se poursuivre mercredi 30 janvier 2013.

Des troupes françaises ont été déployées à Kidal, la troisième et dernière grande ville du Nord du Mali aux mains des islamistes armés d'Aqmi (Al-Qaida au Maghreb islamique) et de ses acolytes.

Cette arrivée des soldats français à Kidal survenait quelques jours après la reconquête au côté de l'armée malienne des villes de Gao et Tombouctou, reprises aux groupes djihadistes sans grande résistance.

Des responsables militaires français ont annoncé mercredi que l'armée française était arrivée à Kidal dans la nuit de mardi à mercredi, poursuivant ainsi une semaine d’opération visant à reprendre les principales villes du nord du Mali.

En début de semaine, le groupe rebelle Touareg MNLA avait affirmé que ses combattants avaient pris le contrôle de Kidal.

Pillage à Tombouctou

Pendant ce temps, des habitants de la mythique cité de Tombouctou, libérée par les forces françaises et maliennes, ont pillé, mardi 29 janvier 2013, des magasins appartenant à des Arabes et Touaregs, soupçonnés d'avoir collaboré avec les islamistes armés, qui ont récemment fui la ville.

Des témoins ont affirmé que les pilleurs saisissaient tout ce qu’ils pouvaient soulever et transporter, même en présence de soldats maliens.

Les islamistes imposaient dans la ville une forme stricte de la Charia, la loi islamique, y compris un code vestimentaire et l'interdiction de la musique.

En 2011, des combattants Touaregs faisaient partie d'un des groupes islamistes qui avaient pris le contrôle du nord du Mali, mais ces rebelles Touaregs, qui se disent laïques, ont déclaré mardi qu'ils soutenaient l'opération militaire française.

Ces Touaregs laïques appartiennent au Mouvement national pour la libération de l'Azawad  (MNLA), qui a pour objectifs l'autodétermination et l'indépendance du territoire de l'Azawad. La zone revendiquée couvre intégralement la région de Tombouctou, la région de Kidal et la région de Gao.

Perquisitions à Tombouctou et Gao

Mardi toujours, les troupes françaises et maliennes ont effectué des perquisitions de maison en maison à Tombouctou et Gao. Elles ont saisi des armes et des explosifs abandonnés par les islamistes. Au moins cinq personnes accusées d'être alliées aux islamistes ont été arrêtées à Gao.

Les troupes françaises ont été déployées au Mali il y a deux semaines pour repousser les islamistes qui osaient s’approcher de la capitale, Bamako.

Mardi, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a déclaré que la France resterait au Mali aussi longtemps que nécessaire. Mais on s’attend à ce qu’une force africaine prenne la relève, notamment au niveau de l’opération de maintien de la paix.

Enveloppe financière

La communauté internationale a déjà promis une enveloppe financière de 455 millions de dollars destinée à cette mission de maintien de la paix qui devrait coûter jusqu'à un milliard de dollars.

A noter aussi que, face au risque d'exactions et de représailles, le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a suggéré mardi que des observateurs internationaux soient dépêchés au Mali le plus rapidement possible pour veiller au respect des droits de l'Homme.