jeudi, octobre 30, 2014 Heure locale: 18:57

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RCA : des déplacés de Ndélé livrés à eux-mêmes en brousse

Les habitants de cette ville, située dans le nord de la République centrafricaine, ont fui leurs maisons et se sont réfugiés en brousse, en raison d’une attaque rebelle. Après Ndélé, c’est la ville de Bria qui est tombée ce mardi à l’aube aux mains des rebelles centrafricains.

Distribution d'eau par le CICR aux enfants qui, avec leurs parents, ont fui NdéléDistribution d'eau par le CICR aux enfants qui, avec leurs parents, ont fui Ndélé
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Distribution d'eau par le CICR aux enfants qui, avec leurs parents, ont fui Ndélé
Distribution d'eau par le CICR aux enfants qui, avec leurs parents, ont fui Ndélé
Si la prise de Goma dans l’est du Congo-Kinshasa par les rebelles du M23 avait suscité un tollé au sein de la communauté internationale, ce n’est pas la même attention que reçoit une autre ville occupée par des insurgés en Afrique centrale.
Le CICR vient en aide aux déplacés de NdéléLe CICR vient en aide aux déplacés de Ndélé
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Le CICR vient en aide aux déplacés de Ndélé
Le CICR vient en aide aux déplacés de Ndélé

Il s’agit de Ndélé, ville située dans le nord de la République centrafricaine et qui compte entre 15.000 et 20.000 âmes. Elle a été prise d’assaut lundi 10 décembre 2012 par une faction rebelle de l’Union des forces démocratiques pour le Rassemblement (UFDR), laquelle est dirigée par Michel Djotodia. Les rebelles ont également pris les localités de Sam Ouandja et d'Ouadda, à 200 km de Ndélé.

Cette faction dissidente de l’UFDR a fait savoir que les accords de paix signés en 2007 avec le gouvernement centrafricain ont abouti à un échec.

Les attaques rebelles se sont poursuivies très tôt ce mardi 18 décembre. Ainsi après Ndélé la semaine dernière, les rebelles de la coalition Séléka ont pris Bria, ville de 30.000 habitants dans la principale zone diamantifère du centre du pays, et une base des Forces armées centrafricaines (FACA).
La situation humanitaire à Ndélé est très préoccupante


Selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), la majorité des personnes qui ont fui Ndélé demeurent sans aide, après l'attaque perpétrée par les hommes armés de Michel Djotodia.

''Certains habitants ont quitté leur habitation, alors que d'autres n'y passent pas plus de quelques heures par jour, par crainte de nouvelles violences'', a affirmé dans un communiqué Georgios Georgantas, chef de la délégation du CICR en République centrafricaine.

''Il est primordial que ceux qui ont une influence sur le sort des populations, des blessés et des détenus mettent tout en œuvre pour que ces personnes soient épargnées par les violences,'' a-t-il ajouté.

Condamnation de l’Union africaine

L’Union africaine a aussi tenté de peser de tout son poids. Dans un communiqué, la présidente de la Commission de l’UA a "fermement" condamné les attaques menées par la faction rebelle.
Distribution d'eau aux enfants déplacés de NdéléDistribution d'eau aux enfants déplacés de Ndélé
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Distribution d'eau aux enfants déplacés de Ndélé
Distribution d'eau aux enfants déplacés de Ndélé

Nkosazana Dlamini-Zuma a demandé le retrait immédiat de ces assaillants des villes occupées, ajoutant que ces attaques "constituent une violation flagrante de l'accord de paix global de Libreville (entre le gouvernement et les rebelles en 2007) et sapent les efforts de consolidation de la paix en République centrafricaine".

Mme Dlamini-Zuma "demande instamment à la faction de l'UFDR qui est à l'origine de ces attaques, de se retirer immédiatement et inconditionnellement de toutes les localités qu'elle occupe, et de cesser toute action armée".

Et le communiqué de l’UA de conclure : "Elle lui demande également de s'inscrire dans le processus de dialogue en cours et de prendre une part active au programme de Désarmement, démobilisation, et de réinsertion (DDR) dans le nord-est".

Situation humanitaire préoccupante

Mais sur le terrain, les choses sont toujours critiques, selon Gabriel Mukalaï, Chef de sous-délégation du CICR basé à Ndélé. Le CICR et Médecins Sans Frontières sont les deux seules organisations humanitaires encore actives dans la ville.

‘’La situation humanitaire à Ndélé est très préoccupante’’, a affirmé M. Mukalaï à La Voix de l’Amérique (VOA).

‘’La majorité de la population s’est réfugiée en brousse et nous n’avons pas accès à cette majorité de la population’’, a souligné le représentant du CICR à Ndélé.
L'aide aux déplacés centrafricainsL'aide aux déplacés centrafricains
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L'aide aux déplacés centrafricains
L'aide aux déplacés centrafricains

Selon lui, une partie s’est regroupée autour de l’aéroport et une autre, dans la paroisse catholique. D’autres personnes qui s'étaient rassemblées dans des abris aux abords du camp de la MICOPAX (Mission de consolidation de la paix en République centrafricaine) ont reçu de l'eau potable, acheminée par camion.

Le CICR a également aidé à l’inhumation des personnes tuées dans la prise d’assaut de l’UFDR.

Pour sa part, le ministère centrafricain de la Défense avait affirmé la semaine dernière que la FACA avait pu "reprendre" le contrôle de Ndélé. Les Forces armées centrafricaines ne contrôlent qu'une petite partie du territoire, principalement au sud.

La République centrafricaine avait connu un calme relatif entre 2008 et 2011. Mais des mutins de plusieurs groupes ayant signé des accords de paix sèment le chaos depuis l'an dernier.
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