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Kigali dément avoir facilité la prise de Goma

Un document, rédigé par un groupe d’experts des Nations unies et transmis au Comité des Sanctions du Conseil de sécurité, affirme que l'armée rwandaise a fait une incursion en territoire congolais afin d’aider les rebelles à s'emparer de Goma le 20 novembre 2012.

Des rebelles du M23 vus sur une colline surplombant Goma, à six kilomètres du centre de la ville – 3 décembre 3, 2012Des rebelles du M23 vus sur une colline surplombant Goma, à six kilomètres du centre de la ville – 3 décembre 3, 2012
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Des rebelles du M23 vus sur une colline surplombant Goma, à six kilomètres du centre de la ville – 3 décembre 3, 2012
Des rebelles du M23 vus sur une colline surplombant Goma, à six kilomètres du centre de la ville – 3 décembre 3, 2012
Un document, rédigé par un groupe d’experts des Nations unies et transmis au Comité des Sanctions du Conseil de sécurité, affirme que l'armée rwandaise a fait une incursion en territoire congolais afin d’aider les rebelles à s'emparer de Goma le 20 novembre 2012.

Les locaux accueillent les soldats des FARDC à leur retour à Goma - 3 décembre, 2012Les locaux accueillent les soldats des FARDC à leur retour à Goma - 3 décembre, 2012
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Les locaux accueillent les soldats des FARDC à leur retour à Goma - 3 décembre, 2012
Les locaux accueillent les soldats des FARDC à leur retour à Goma - 3 décembre, 2012
La polémique autour du soutien extérieur aux rebelles congolais du Mouvement du 23 Mars (M23) ne cesse d’enfler. Une équipe d’enquêteurs de l’ONU est revenue à la charge à la suite de la prise de Goma, la capitale de la riche province minière du Nord-Kivu dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Dans un nouveau document, daté du 27 novembre 2012 et publié sur le site internet du New York Times, les experts onusiens accusent le Rwanda d’avoir activement soutenu la prise d’assaut de Goma.

Les rebelles congolais se sont retirés de la ville le 1er décembre, à la suite d’un accord qui prévoit des négociations avec Kinshasa.
Selon le groupe d’experts, plus de 1.000 soldats rwandais ont épaulé les combattants du M23 dans leur offensive sur cette ville stratégique le 20 novembre. Ainsi, souligne le texte, plusieurs compagnies des Forces de défense du Rwanda (FDR) ont fait une incursion en territoire de la RDC pour participer à cette prise d’assaut. Les FDR, ajoutent-t-ils, ont également participé aux combats à l'Aéroport international de Goma.

Le groupe s’est appuyé sur des témoignages recueillis auprès d’anciens responsables militaires du Rwanda et de l’Ouganda, de même qu’auprès des responsables des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et des diplomates.

Ce rapport n’est pas étayé par des preuves matérielles, concrètes.

Kigali a, toutefois, démenti ces nouvelles accusations du groupe d’experts. Dans une interview accordée à La Voix de l’Amérique (VOA), Olivier Nduhungirehe, Premier Conseiller à la Mission Permanente du Rwanda auprès de l’ONU à New York a affirmé ce lundi 3 décembre que son pays n’était ‘’pas surpris par cet énième rapport qui est dans la lignée des rapports précédents qui visent à tout prix à mettre en cause le Rwanda dans le conflit au Congo. Ce qui n’est pas le cas’’.

‘’Ce rapport n’est pas étayé par des preuves matérielles, concrètes. Il s’agit d’allégations qui se basent sur des témoignages anonymes d’officiers de renseignements congolais. Parler de mille hommes qui auraient traversé la frontière n’est vraiment pas crédible. La MONUSCO [Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC] elle-même a dit qu’elle n’a aucun élément pour confirmer que le Rwanda est intervenu lors de la prise de Goma. C’est une sorte de fuite en avant de ce groupe d’experts qui veut à tout prix accuser, pour des raisons politiques, le Rwanda de tout ce qui se passe au Congo ’’, a soutenu Olivier Nduhungirehe.

Olivier Nduhungirehe, Premier Conseiller à la Mission Permanente du Rwanda auprès de l’ONU à New YorkOlivier Nduhungirehe, Premier Conseiller à la Mission Permanente du Rwanda auprès de l’ONU à New York
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Olivier Nduhungirehe, Premier Conseiller à la Mission Permanente du Rwanda auprès de l’ONU à New York
Olivier Nduhungirehe, Premier Conseiller à la Mission Permanente du Rwanda auprès de l’ONU à New York
Selon le Premier Conseiller à la Mission Permanente du Rwanda auprès de l’ONU, Kigali va continuer à soutenir les efforts entrepris par la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) afin de trouver une issue pacifique et durable à la situation dans l’est de la RDC.

‘’On ne va pas se laisser distraire par le rapport du groupe d’experts qui veut impliquer le Rwanda dans un conflit [où il ne l’est pas]’’, a encore déclaré Olivier Nduhungirehe.
Après avoir été  élu membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU en octobre 2012, le Rwanda avait annoncé qu’il envisageait des poursuites judiciaires contre ce groupe d'experts des Nations unies.

Dans un précédent rapport, le groupe avait accusé et le Rwanda et l’Ouganda de conseiller et d’armer la rébellion du M23 contre les troupes de Kinshasa, dans l'est de la RDC. Dans un premier rapport en juin 2012, ces mêmes experts onusiens avaient affirmé disposer de « preuves accablantes »  contre Kigali.
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